Peintre dans les quartiers de Vannes : intra-muros, Saint-Patern, Le Port, Kercado, Ménimur, Tohannic
Métré et rédigé par Claire Morvezenvérifié sur chantier par Bruno Morvezenversion 1, 30 octobre 2026
Pourquoi le quartier change-t-il le métré d’un logement ?
Le même deux-pièces de 42 m² au sol représente 94 m² de murs à Saint-Patern et 77 m² à Kercado, pour 30,8 m de périmètre cumulé. La seule différence vient de la hauteur sous plafond, 3,05 m d’un côté et 2,50 m de l’autre, et elle change le devis de près d’un cinquième. Je ne chiffre jamais un logement sans connaître son quartier, parce qu’il annonce une époque de construction, donc un support, donc une préparation.
Le tableau résume ce que nos métrés relèvent dans cinq secteurs. Les hauteurs sont des ordres de grandeur issus de nos relevés, confirmés au télémètre laser à chaque visite, et les types entre parenthèses sont ceux du guide de colorisation de la Ville.
| Secteur | Bâti dominant | Hauteur sous plafond | Support intérieur courant | Première précaution |
|---|---|---|---|---|
| Intra-muros | Pans de bois, maisons de pierre, hôtels particuliers (A1 à A3) | 2,70 à 3,40 m | Plâtre, enduit à la chaux | Plomb avant ponçage, déclaration préalable en façade |
| Saint-Patern | Maisons et immeubles de faubourg, XIXe siècle (A4) | 2,90 à 3,30 m | Plâtre sur moellons, anciens papiers peints | Plomb, murs à laisser sécher |
| Le Port | Immeubles du quai et de la place Gambetta, XIXe siècle | 3,10 à 3,40 m | Plâtre, moulures, corniches | Accès en hauteur, échafaudage intérieur |
| Kercado, Ménimur, Cliscouët | Collectifs de 1960 à 2000 (C2) | 2,40 à 2,55 m | Béton enduit, plaques de plâtre | Sous-faces de volées, balcons, accord du syndic |
| Tohannic, Beaupré-La Lande | Résidences et maisons de ville depuis les années 1990 | 2,40 à 2,55 m | Plaques de plâtre | Joints visibles en lumière rasante |
Intra-muros : que demandent les pans de bois et les enduits à la chaux ?
À l’intérieur des remparts, 93 % des logements ont été construits avant 19491, et la Ville recense, dans l’intra-muros et à Saint-Patern, environ 180 de ces maisons à pans de bois, édifiées pour la plupart du XVe au XVIIe siècle2. Le secteur sauvegardé, étendu en 2013, s’étend sur 46,7 hectares et réunit 1 110 immeubles répartis sur 953 parcelles1. Dans nos relevés, les hauteurs sous plafond y vont de 2,70 m sous les combles à 3,40 m dans les étages bas, et les murs s’y comptent en tableaux profonds. Un salon de 5,20 m sur 4,40 m, soit 22,9 m² au sol, développe ainsi 65,3 m² de murs sous 3,40 m, avant déduction des baies.
Pour un ravalement, la règle est précise : une déclaration préalable est exigée dans le périmètre d’un site patrimonial remarquable comme dans les abords d’un monument historique3. En l’absence de périmètre délimité, les abords s’étendent à tout immeuble visible du monument ou en même temps que lui, à moins de 500 m4. Le dossier doit donner les teintes en échantillons ou en références RAL2. À l’intérieur, nous vérifions avant de chiffrer si l’immeuble porte des décors à préserver : une corniche ancienne se nettoie et se reprend au plâtre au lieu de se décaper.
Le règlement du plan de sauvegarde encadre aussi la matière. Les enduits en ciment sont interdits sauf sur parpaing ou béton, et les enduits « prêts à l’emploi » le sont aussi, sauf pour l’architecture de la fin du XXe siècle. Les enduits se font au mortier de chaux naturelle, en couches fines, talochés, brossés, passés à l’éponge ou lissés. Pour les menuiseries, le règlement écarte le blanc pur comme les teintes vives5. Dans nos devis, cela se traduit par une ligne d’enduit à la chaux en couches fines, jamais par un enduit monocouche.
Avec 93 % de logements d’avant 1949, le plomb des anciennes peintures est un sujet de métré autant que de santé. Avant tout ponçage ou décapage, nous recherchons les peintures anciennes et nous travaillons à l’humide. Un aspirateur à filtres à très haute efficacité et un masque de type P3 complètent le dispositif, comme le recommande l’INRS6 ; ni balai ni aspirateur ménager n’entrent dans le logement.
Les devantures commerciales relèvent d’un nuancier à part, le nuancier D, dans le guide de colorisation du centre-ville7. Pour une boutique, la page de peinture de local commercial détaille les délais de chantier et la TVA.
Saint-Patern : que change un faubourg de granit enduit à la chaux ?
Notre bureau et notre dépôt se trouvent dans une cour de ce faubourg. Le quartier Saint-Patern, sur la colline de Boismoreau, est le plus ancien de la ville : les fouilles y ont révélé des vestiges de l’agglomération antique, chef-lieu de la cité gallo-romaine des Vénètes, et son église a été reconstruite au XVIIIe siècle8. Le périmètre initial du secteur sauvegardé couvrait l’intra-muros, les îlots du port et l’entrée du quartier1.
Pour la Ville, la maison ou l’immeuble de faubourg, type A4, est construit en moellons de granit. Ces moellons sont destinés à être recouverts d’un enduit clair à la chaux, avec des éléments en pierre de taille laissés apparents : corniches, bandeaux, encadrements de baies, chaînages d’angle7. À l’intérieur, cela donne des murs épais, des tableaux de 30 à 40 cm de profondeur et des hauteurs de 2,90 m à 3,30 m dans nos relevés. J’ai relevé dans cette rue un couloir de 0,95 m de large sur 5,90 m de long, à 3,10 m sous plafond : 5,6 m² au sol pour 42,5 m² de murs, soit plus de sept mètres carrés de peinture pour un mètre carré de plancher. Dans un logement d’angle du quartier, six tableaux de fenêtre de 1,20 m sur 2,30 m et de 0,35 m de profondeur représentaient 12,2 m², oubliés d’un premier devis établi sur photos.
La rue Saint-Patern a fait l’objet d’une campagne de ravalement obligatoire dont l’échéance était fixée à février 20262. Un propriétaire qui hésite sur le calendrier de sa façade se renseigne auprès de la Ville avant de signer un devis. Pour l’intérieur, la page de peinture d’un appartement décrit le chantier type d’un logement de faubourg, et la famille Morvezen, artisan peintre de Vannes depuis 1997, y travaille chaque année.
Le Port et la place Gambetta : que demandent les immeubles du quai ?
Face au port, l’hémicycle de la place Gambetta est une place à programme commencée dans les années 1830 et achevée vingt ans plus tard, dont les façades blanches se développent en arc de cercle de part et d’autre de la porte Saint-Vincent8. Depuis la mise en eau du port en 1977, les bateaux de plaisance ont remplacé les caboteurs8.
Pour le peintre, les immeubles du quai et de la place offrent des hauteurs de 3,10 m à 3,40 m dans nos relevés, des corniches et des plafonds moulurés. Leurs cages d’escalier montent sur quatre étages, comme celle du premier chantier de Bruno, en 1997 : 3,20 m aux paliers, quatre volées et un tableau de fenêtre à chaque demi-palier. Une cage de ce gabarit se chiffre au développé de la cage entière, tableaux de fenêtre compris, et l’échafaudage intérieur se monte sur toute la hauteur.
Une charte de la Ville de Vannes, établie avec la CAPEB et la FFB, fixe les règles des chantiers de bâtiment en cœur de ville. Elle interdit tout travail le dimanche et les jours fériés, sur l’ensemble de la commune. Dans son périmètre, les matériels bruyants ou gênants à la vue s’arrêtent entre 12 h et 14 h et entre 19 h et 7 h, du 1er avril au 30 octobre9. Une dérogation reste possible sur demande motivée. Nous calons donc les cages d’escalier du Port sur des jours ouvrés et sur les plages autorisées, ce qui évite toute interruption de chantier.
Les îlots du port ont connu des campagnes de ravalement obligatoire, dont celle du secteur Saint-Vincent, avec une échéance en décembre 20252. Une chambre du Port, au plafond taché par un dégât des eaux venu de l’étage, figure parmi les chantiers de peinture à Vannes que nous documentons avec leur plan.
Kercado, Ménimur, Cliscouët : comment mesurer un collectif des années 1960 à 2000 ?
Dans les années 1960 à 1980, la création du quartier de Kercado, de la ZUP de Ménimur et de la ZAC de Cliscouët a profondément modifié l’emprise urbaine de Vannes8. Le guide de colorisation de la Ville décrit ces immeubles, type C2, comme de l’habitat groupé et collectif de 1960 à 2000, de R+4 à R+8. Leurs façades sont rythmées par des balcons en saillie, des claustras et des loggias en retrait, avec des soubassements parfois plus foncés et une toiture souvent en terrasse7.
À l’intérieur, ces logements ont des plafonds plus bas, de 2,40 m à 2,55 m dans nos relevés, et des cages d’escalier qui se répètent à chaque niveau. Une cage de cinq niveaux à 2,55 m monte à 12,75 m : sur 4,60 m par 2,40 m, elle développe 178,5 m² de murs, dont il faut retirer 25,9 m² d’ouvertures et ajouter 15,6 m² de sous-faces de volées, soit 168,2 m² à peindre. La page des chantiers montre cette cage de Ménimur avant et après.
Les copropriétés de ces quartiers votent leurs travaux en assemblée générale, et les tantièmes de chaque lot fixent sa quote-part : la page de peinture en copropriété s’adresse au syndic et conseil syndical avec un cahier des charges type. Sur les façades, le crépi se traite comme celui d’un pavillon, en lavage, fixateur et deux couches, et une page est consacrée à la peinture pour crépi. Les balcons se comptent en faces et en linéaires : un balcon de 3,60 m sur 1,10 m offre 4,0 m² de sous-face et 5,8 m de garde-corps, chacun sur sa ligne de devis.
Tohannic et Beaupré-La Lande : que cachent les plaques de plâtre des résidences récentes ?
À partir des années 1990, la construction des quartiers de Tohannic et de Beaupré-La Lande a orienté l’urbanisation de Vannes vers l’est8. Les logements y ont des plafonds de 2,40 m à 2,55 m dans nos relevés, des murs en plaques de plâtre, et des joints que la lumière rasante révèle dès qu’un mur est peint en mat.
Les plaques de plâtre marquent au moindre choc. Un angle de cloison abîmé par un meuble se reprend à la bande calicot et à l’enduit, en trois passes fines avec le séchage entre chacune, ce qui porte un petit défaut à une demi-journée de travail. Un palier de 3,40 m sur 1,60 m, à 2,50 m sous plafond, développe 25,0 m² de murs pour 5,4 m² de plafond, et chaque porte à déduire compte pour près de 2 m². Dans un pavillon de ces quartiers, une cage d’escalier de 3,90 m sur 2,20 m et de 5,00 m de haut représente 54,2 m² de murs nets, comme on le voit sur le chantier de Beaupré-La Lande.
Pour une maison de ville récente, la page pour repeindre une maison de ville classe l’escalier, les combles et les menuiseries dans l’ordre du chantier.
Comment la typologie de la Ville se traduit-elle au métré ?
Le guide de colorisation du centre-ville, publié par la Ville en décembre 2024, classe le bâti en neuf types, de A1 à C27. Il ne couvre pas toute la commune, mais il donne un vocabulaire commun à la Ville, aux syndics et aux peintres : le tableau reprend six types et ce que le métré en retient.
| Type | Époque | Ce que le peintre en retient |
|---|---|---|
| A1, maison à pans de bois | XVe au XIXe siècle | R+1 à R+4, pans de bois souvent en relief, murs enduits entre les pans |
| A4, maison ou immeuble de faubourg | XIXe siècle | Moellons de granit, enduit clair à la chaux, pierre de taille apparente |
| A5, immeuble éclectique ou haussmannien | XIXe siècle | Jusqu’à R+5, balcons filants, commerces au rez-de-chaussée |
| B1, Art déco | 1910 à 1930 | Enduits pastel, menuiseries bois blanches, balcons en béton |
| C1, maison de ville des années 1950 | Années 1950 | Murs enduits, soubassement en pierre de plaquage, garage sur rue |
| C2, habitat groupé et collectif | 1960 à 2000 | R+4 à R+8, balcons, claustras, loggias, toiture en terrasse |
Et hors de Vannes, que devient ce métré ?
Vannes compte 55 790 habitants10, et le même plan coté suit Toise, peintre à Vannes dans les communes voisines. Les pages peintre autour de Vannes, peintre à Saint-Avé et peintre à Elven donnent la population, le service chargé d’instruire les déclarations de travaux et les bâtis locaux. Pour faire mesurer votre logement, quel que soit le quartier, il suffit de contacter un peintre à Vannes en indiquant le quartier dans le formulaire.
Notes
- Ville de Vannes, plan de sauvegarde et de mise en valeur, rapport de présentation : périmètre de 46,7 hectares créé par arrêté préfectoral du 25 octobre 2013, 953 parcelles et 1 110 immeubles ; « Intramuros, 93 % des logements ont été construits avant 1949 » ; périmètre initial couvrant l’intra-muros, les îlots du port et l’entrée du quartier Saint-Patern. Revenir au texte
- Golfe du Morbihan - Vannes Agglomération, FOCUS SPR Vannes 2024 : environ 180 maisons à pans de bois, construites pour la plupart entre le XVe et le XVIIe siècle ; campagnes de ravalement obligatoire (rue Saint-Patern, délai de février 2026 ; secteur Saint-Vincent, délai de décembre 2025) ; dossier de ravalement avec couleurs indiquées par échantillons ou références RAL. Revenir au texte
- Code de l’urbanisme, article R*421-17-1 : déclaration préalable pour les travaux de ravalement dans le périmètre d’un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques (en vigueur au 30 octobre 2026). Revenir au texte
- Code du patrimoine, article L621-30 : abords des monuments historiques ; en l’absence de périmètre délimité, protection de tout immeuble visible du monument ou visible en même temps que lui et situé à moins de 500 mètres. Revenir au texte
- Ville de Vannes, plan de sauvegarde et de mise en valeur, règlement écrit (modification n° 1), article US.11 : enduits en ciment interdits sauf sur parpaing ou béton ; enduits « prêts à l’emploi » interdits sauf pour l’architecture de la fin du XXe siècle ; enduits au mortier de chaux naturelle en couches fines ; blanc pur et couleurs vives interdits pour les menuiseries. Revenir au texte
- INRS, « Plomb : ce qu’il faut retenir », mis à jour le 13 mai 2026 : nettoyage à l’humide, aspiration par aspirateur à filtres à très haute efficacité, appareils filtrants de type P3, interdiction des balais et des aspirateurs ménagers. Revenir au texte
- Ville de Vannes, Guide de recommandations pour la colorisation des façades du centre-ville, décembre 2024 : types A1 à C2, nuancier D pour les devantures commerciales. Revenir au texte
- Ville de Vannes, parcours « Au fil de la ville » (Ville d’art et d’histoire), 2023 : quartier Saint-Patern, place Gambetta, port mis en eau en 1977, Kercado, ZUP de Ménimur et ZAC de Cliscouët (années 1960 à 1980), Tohannic et Beaupré-La Lande (à partir des années 1990). Revenir au texte
- Ville de Vannes, Charte des chantiers de bâtiment, cœur de ville (CAPEB et FFB), article 7 : « De manière générale sur l’ensemble du territoire de la ville de Vannes, aucun type de travaux n’est autorisé les dimanches et jours fériés » ; matériels générant des nuisances sonores et visuelles interdits dans le périmètre de 12 h à 14 h et de 19 h à 7 h du 1er avril au 30 octobre ; dérogation possible sur demande expresse motivée. Revenir au texte
- Insee, populations de référence 2023 du Morbihan, en vigueur au 1er janvier 2026 : Vannes, 55 790 habitants, variation annuelle moyenne de 0,7 % entre 2017 et 2023. Revenir au texte
Historique de la page
- Version 1, 30 octobre 2026 · Création de la page : cinq secteurs de Vannes, hauteurs relevées au métré, textes d’urbanisme et de prévention du plomb cités, typologie de la Ville.